lundi 1 juin 2026

Table


 

Abus

Affameur

Agressif

Alarmiste

Anarchiste

Apitoyer 

Aristocrate

Arrestation

Brissotin, brissotiste, brisotteur 

Bureaucratique

Cannibalisme

Capitaliste

Caste

Centraliser

Citoyenne 

Commotion

Communisme

Contre-révolution

Débaptiser

Désinvolture

Écrivassier 

Épuration

Évasif

Exaspéré

Fanatisé 

Fervidor

Franciades

Guillotine, guillotiner

Humoriste

Insurgé, insurrection

Journalisme 

Lanterner

Ludique

Meneur

Muscadin

Ramification

Révolutionnaire

Septembriseur

Télégraphe

Terrifier

Terroriste 

Vandalisme

Vulgarité 

 


Bientôt : 

  • Classe ouvrière
  • Fonctionnaire
  • Liberticide
  • Réactionnaire 


Brissotin, brissotiste, brissotteur

Quand Camille Desmoulins publie en mai 1793 son Histoire des Brissotins, le mot était déjà entré dans le vocabulaire courant depuis plusieurs mois.  Dans les dernières semaines de 1792, l’Observateur du midi, la Gazette générale de l’Europe, le Journal universel de Pierre Jean Audouin, le Journal des débats des Jacobins l’emploient à qui mieux mieux, comme synonyme de rolandiste et de girondiste (alors en concurrence avec girondin). Les brissotins s’opposent aux « vrais jacobins ». Or, six mois avant d’être adopté par la presse montagnarde,  le substantif était apparu sous une plume royaliste, celle de Richer de Sérizy dans une lettre publiée par le Journal de la Cour et de la Ville du 30 mai 1792.  Le futur rédacteur de l’Accusateur public qualifie de « Brissotins » les factieux qui ont contesté l’autorité des monarques et livré la nation au désordre, tels les Frondeurs pendant la minorité de Louis XIV.

En novembre 1792, J.C. de La Métherie glisse dans ses Observations sur la physique, après un mémoire sur la décomposition de l’air fixe ou acide carbonique, des réflexions sur la marche de la Révolution et prévoit le moment où  « les Brissotistes (pour me servir du terme adopté) » seront renversés par des Jacobins plus radicaux qu’eux.

Brissotin et brissotiste avaient été précédés par brissotteur, lequel ne désigne pas une faction politique, mais une activité répréhensible. Il est dérivé d’un verbe que le Journal de la Cour et de la Ville du 6 septembre 1791 s’amuse à conjuguer en feignant d’en ignorer le sens :

Je me suis promené hier au jardin des Tuileries, la foule était immense : je vis arrêter plusieurs personnes, j’en demandai le motif ; un bon citoyen me répondit : oh ! ce n’est rien ; tout bonnement un patriote qui a brissotté une montre ; voilà un autre brissotteur de porte-feuille qu’on emmène au corps-de-garde ; si vous n’y prenez garde on vous brissottera votre mouchoir, etc. Je me suis bien aperçu que depuis la révolution on a changé beaucoup de mots de notre idiome, j’en ai compris un grand nombre, mais pour celui-ci dont je vous parle, je vous avoue que je n’y entends rien. Permettez-moi, en qualité de votre ancien abonné, de vous en demander l’explication.

              Réponse des rédacteurs

Nous insérons cette lettre, en invitant nos lecteurs de vouloir bien nous mettre à même d’instruire notre abonné de la signification du mot brissotter, dont nous entendons parler pour la première fois.